Illustrateur : un métier pas comme les autres

     Après avoir passé 5 ans au sein d’Ynov Campus, de la MANAA au Mastère en illustration, Théophile Nuiro a conclu ses études avec un stage dans un studio d’illustrateurs de la région parisienne. Il nous raconte comment se sont passées ces quelques semaines dans le grand bain, au contact d’illustrateurs professionnels indépendants qui l’ont accueilli sur leur lieu de travail et l’ont impliqué dans leur activité quotidienne : l’illustration pour l’édition notamment.

Devenir illustrateur, un rêve réalisable

Devenir illustrateur n’est pas qu’une affaire de talent ni de technique, c’est avant tout une vraie passion. Cette vocation qui ressemble à un job de rêve vu de l’extérieur, n’est pas si simple à assumer lorsque l’on est confronté à la réalité quotidienne, il faut alors puiser dans ses ressources pour acquérir une méthodologie et de l’expérience. Le stage de fin d’études de Théophile lui a montré à quel point il faut être au point dans son dessin, mais aussi apte à gérer les aspects commerciaux et administratif du statut indépendant.
Travail au fusain de Bruno Liance

Témoignage : première semaine au sein du studio

J’ai eu la chance de pouvoir passer quelques semaines dans le studio d’illustration partagé de Clément Lefèvre à Fontenay-sous-bois, en région parisienne. Clément est un talentueux illustrateur jeunesse qui partage son studio avec d’autres formidables illustrateurs : Bruno Liance, Paul Echegoyen et Amélie Videlo.
J’ai eu l’occasion lors de ma première semaine de stage d’observer Clément qui travaillait sur un contrat de projet de BD. Clément utilisait pour cela une technique mixed media. Dans un premier temps il crée son dessin au crayon noir, puis le scanne et enfin le colorise en numérique.
Clément Lefèvre anime des workshop en France et en Europe

Pratique de l’illustration tutorée par des professionnels

Dès la deuxième semaine de stage j’ai pu travailler directement sur un projet personnel. J’ai décidé d’illustrer une histoire que j’avais écrite après l’avoir inventée pour endormir mes petits cousins. J’ai débuté l’illustration en profitant au maximum des conseils avisés de Clément Lefèvre et des autres illustrateurs du studio. J’ai commencé par créer un character design de tous les personnages en m’inspirant de la forme du visage des enfants. Je me suis fait un vrai cahier des charges. J’ai ensuite retravaillé l’histoire en me laissant une flexibilité pour les besoins de l’illustration, adapter quelques compositions et rendre le tout plus cohérent. J’ai travaillé sur le découpage de mon livre qui fait 16 doubles pages (format type de livre illustré). Il contient soit des pages simples soit des pages doubles soit des culs de lampe (petite image de fin de chapitre).
character design et recherches de Clément Lefèvre

Documentation et coaching

Puis pendant une semaine j’ai profité de la grande bibliothèque du studio qui contient des centaines de livres. Je me suis documenté et les illustrateurs m’ont dirigé vers des artistes qui me ressemblent pour que je les étudie de manière plus approfondie. J’ai ensuite repris mon projet en créant un croquis pour chaque illustration et en adaptant le style graphique. Clément a vraiment joué le rôle de l’éditeur avec moi, me questionnant sur le bien fondé de mes choix d’illustration. Parfois j’ai dû résoudre des problèmes qui se posaient suite à ce questionnement.
Croquis de Théophile Nuiro

Questions et représentations

En voici un exemple : comment illustrer le moment où le père donne de l’argent aux enfants pour qu’ils s’achètent un vélo. Cela me paraissait inadapté de représenter des billets dans les mains des enfants pour un public jeune. J’ai donc contourné le problème en illustrant ce passage sous forme d’origami et créant un vélo en billets. Par la suite, j’ai attaqué le crayonné de la couverture et de la première illustration du livre. J’ai fait un dessin sur format A3 au crayon à papier puis lavis d’encre enfin des dégradés et totalité de l’illustration au crayon. Je l’ai ensuite scannée et colorisée sur Photoshop. En voici le résultat dans son état actuel, je pense que je vais continuer à le travailler dans les semaines qui viennent. 
Mise en couleur numérique du croquis de Théophile Nuiro

Un stage professionnalisant et enrichissant

En conclusion, ce stage m’a apporté énormément d’un point de vue techniques de travail mais aussi humainement. J’ai beaucoup appris sur la réalité du métier : les relations entre auteurs (scénaristes) et illustrateurs, illustrateurs et éditeurs. Étant donnée la confiance qui s’est établie entre nous au fil des jours, Clément m’a parlé très ouvertement, et notre échange a été des plus fructueux. Les illustrateurs ont une passion et une sincérité hors du commun qui me touchent beaucoup et renforcent mon désir de poursuivre dans ce métier.
Les illustrateurs Paul Echegoyen et Clément Lefèvre au travail dans leur studio parisien

Comment devenir illustrateur ?

Si vous souhaitez devenir illustrateur professionnel, sachez que la route est longue et que le travail qui sera demandé est exigeant et intense. La formation d‘illustration à Bordeaux Ynov Campus est un gage de réussite. Vous y apprendrez toutes les techniques picturales : peinture, aquarelle, huile, acrylique, gouache, mais aussi les techniques numériques en 2D et aussi en 3D afin de réunir le plus d’atouts possibles pour votre future carrière. Vous assisterez à des conférences et des workshops et participerez à de nombreux ateliers. Pour en savoir plus, vous pouvez nous contacter directement ou télécharger notre brochure.